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Témoignages – la solidarité fresnoise en action

Des Fresnois ont déjà témoigné (lire ci-dessous). Bravo à eux pour ces belles actions de solidarité !

Secours populaire : “La solidarité continue pendant le confinement”

Aide alimentaire, collecte d’invendus au profit des centres sociaux fresnois et de l’épicerie sociale, coups de main en tout genre… Si le local du Secours Populaire est fermé pour cause de confinement, le cœur des bénévoles reste quant à lui, grand ouvert !

« En cette période de confinement, il y a encore plus de personnes fragiles et en rupture de droits », explique Jany-Rose Serfati, secrétaire du Secours Populaire, sur le terrain tous les jours avec deux autres bénévoles. Si le local est fermé, la permanence téléphonique et les courriels permettent de répondre aux urgences. « Nous sommes énormément sollicités, notamment par l’Espace départemental des solidarités et les centres sociaux ».

Nous récupérons tous les matins le surplus de pains et viennoiseries des boulangeries et le livrons aux centres sociaux et à l’épicerie sociale de Fresnes

Si bien que Jany-Rose, grâce à Facebook, s’est rapprochée d’une citoyenne qui collectait les invendus des boulangeries dans une ville voisine… Désormais, « nous récupérons chaque jour une cinquantaine de pains et des viennoiseries dans quatre boulangeries. Nous les distribuons chaque matin aux deux résidences sociales de l’Adef, au foyer de jeunes travailleurs de l’Adoma, à l’association Thalie et à l’épicerie sociale, avec laquelle nous travaillons beaucoup, le vendredi ».
À bord de leur véhicule personnel, Jany-Rose, Marie-Claude et Paul livrent aussi des familles suivies par l’association. Et, sur rendez-vous au local du 22 rue Maurice-Ténine, le Secours Populaire distribue des colis de produits de base (pâtes, riz, café…) à une dizaine de bénéficiaires. Une aide alimentaire rendue possible grâce aux denrées que l’association avait stockées lors de ses deux collectes annuelles.

Plus que jamais motivés à aider leur prochain, les bénévoles reçoivent un accueil très chaleureux de la part des bénéficiaires : « ils sont tellement contents ! Ils nous disent qu’ils ne s’attendaient pas à ce genre d’initiative… Ça nous encourage à continuer. Cette pandémie nous a finalement donné l’opportunité de rencontrer tous ces gens, tous ces centres sociaux, et de renforcer la solidarité entre associations… C’est extrêmement précieux. »

> Le Secours Populaire cherche à reconstituer ses stocks de denrées alimentaires non périssables. Tous les dons sont par ailleurs les bienvenus.
Contact : 01 58 35 00 63 et
spfresnes@gmail.com

> Vous participez ou avez participé à une action de solidarité pendant cette crise sanitaire ? Grandes actions ou petits gestes qui font du bien au moral, faites-nous part de votre expérience ! www.fresnes94.fr/agenda/solidarite-covid-19-appel-a-temoignage/

Photo – de g. à d., Jany-Rose, une bénéficiaire et Marie-Claude, le 1eravril. Crédit : DR

Aide aux courses de première nécessité

« Sans ça, je ne sais pas comment j’aurais fait »
Proposé par le collectif Habitant·e·s Solidaires, le nouveau service d’aide aux courses de première nécessité est une initiative précieuse pour les personnes isolées et vulnérables, particulièrement en ces temps de confinement.

Photo d’illustration. Anna Shvets

Crée pour l’occasion et soutenu par la CCAS et la section fresnoise de la Ligue des droits de l’Homme, le collectif Habitant·e·s Solidaires met en relation des bénévoles qui se proposent de faire les courses de première nécessité (alimentaire, hygiène, pharmacie) des plus fragiles d’entre nous. Opérationnel depuis le 31 mars, le service compte désormais une vingtaine de bénévoles, tous plus engagés les uns que les autres.

Tant que je peux continuer en plus de mon travail, je le ferais de bon cœur »

C’est le cas de Karine Kacer, 44 ans, assistante ressources humaines en télétravail depuis les mesures de confinement. « J’ai eu vent de cette initiative par les réseaux sociaux et je me suis portée volontaire. Ça me semblait évident d’apporter mon aide. Je ne travaille pas dans le corps médical, je n’ai pas le temps de faire de l’aide aux devoirs car je suis en télétravail : j’ai trouvé que cette façon d’aider les autres était appropriée à ma situation ». En effet, le collectif synthétise les demandes et les soumet ensuite aux bénévoles qui, en fonction de leurs possibilités, l’acceptent ou non. «  Si je le peux, je contacte alors directement le demandeur. Nous nous mettons d’accord et nous convenons rendez-vous. Sur place, la personne me remet alors sa liste de courses et son moyen de paiement. C’est assez simple mais c’est beaucoup pour ces personnes seules. Tant que je peux continuer à les aider en plus de mon travail, je le ferais de bon cœur».

Il faut vraiment saluer ces bénévoles, c’est merveilleux ce qu’ils font »

Une aide précieuse, en effet, ça n’est pas Colette Aubert, bénéficiaire de 79 ans, qui dira le contraire. « Depuis quelques temps déjà, je suis dans l’impossibilité de faire mes courses… Mes jambes ne suivent plus. Jusqu’ici, j’arrivais toujours à m’arranger mais, avec cette histoire de confinement, c’est devenu compliqué : mes voisins sont tombés malades, d’autres ne voulaient plus sortir… J’étais coincée ». Inquiète, Colette appelle alors la mairie, qui l’oriente vers ce nouveau service d’aide aux courses. « J’ai fait appel à eux deux fois pour l’instant. Ce sont des gens très humains, très disponibles. En plus, le service est gratuit, ça m’a tellement surpris ! Le peu de famille que j’ai se trouve dans l’Aveyron… Sans ce service d’aide, je ne sais pas comment j’aurais fait. C’est une très bonne idée d’avoir mis ça en place. Il faut vraiment saluer ces bénévoles, c’est merveilleux ce qu’ils font ».

> Pour bénéficier de ce service ou apporter votre aide et rejoindre l’équipe de bénévoles, contactez le collectif Habitant·e·s Solidaires au 06 66 24 51 06 (du lundi au vendredi, de 10h à 12h et de 14h à 16h), ou par courriel,fresneshabitantssolidaires@gmail.com

« Infirmière avant tout, je voulais aider ! »

Trois nuit par semaine, Nathalie Roy, infirmière depuis 30 ans, vient en renfort des équipes de l’hôpital Henri-Mondor de Créteil. La Fresnoise apporte soins et réconfort aux patients atteints du coronavirus en soins intensifs. Elle témoigne de « la plus difficile expérience professionnelle de sa vie ».

Quand la crise sanitaire éclate, Nathalie Roy, 52 ans, est de retour sur les bancs de l’université où elle prépare un Master d’Infirmière en Pratique Avancée. Quand l’université ferme, le 16 mars, l’infirmière de 30 ans d’expérience – principalement en cancérologie et comme infirmière coordinatrice – se retrouve… confinée chez elle, à la Peupleraie. « Je n’allais pas rester sur mon canapé alors que je pouvais être utile ! Infirmière avant tout, je voulais aider pendant cette période. » Elle signale sa disponibilité par plusieurs biais et, rapidement, la direction de l’hôpital Henri-Mondor de Créteil la contacte. Le 23 mars, elle y intègre les soins intensifs d’une « unité covid » qui prend en charge une trentaine de patients.

Aucune crise ne peut justifier que l’on perde son humanité

Elle enchaîne depuis, du vendredi au lundi matin, les nuits au chevet de patients en détresse respiratoire, mais aussi psychologique : « Je vois de la peur dans leur yeux… Il faut savoir garder son sang-froid, se montrer rassurante, même si on tremble à l’intérieur. » Alors Nathalie essaye de leur apporter réconfort et empathie, entre deux soins : « aucune crise ne peut justifier que l’on perde son humanité. Là où je peux en mettre, j’en mets. »

De transmissions en transmissions – moment où les équipes soignantes changent et où elles se transmettent les informations sur les patients -, elle voit des malades sortir de l’hôpital, « une victoire » ; d’autres être admis en réanimation, en sortir puis rechuter quelques heures plus tard… Et des décès, près de deux par nuit. « (…) on ne s’y habitue jamais. Autant de patients qui vont mal en même temps, je ne l’ai jamais vu dans ma vie d’«avant ». » La mère de famille doit aussi faire face, comme tous les soignants, aux pénuries d’équipements de protection : « Les réglementation d’hygiène changent tous les jours en fonction de ce qu’il reste… Par exemple, on doit tenir avec un seul masque pour une nuit de 10h. On ne se sent pas protégés ni soutenus. »

Grâce à la plateforme AppartSolidaire de AirBnb, la Fresnoise bénéficie gratuitement d’un logement à proximité de l’hôpital Mondor. Quand elle revient à la Peupleraie, 24h après sa dernière garde, vient le temps du repos, de la pâtisserie, de la cuisine – elle offre des mets à sa voisine de 94 ans – et de l’écriture.

Pour évacuer ce qu’elle considère comme la « plus difficile expérience professionnelle de [sa] vie » et partager ses coups de gueule, son ressenti, ses peines, Nathalie Roy a créé un blog, où elle livre un témoignage poignant de ce qu’est la réalité de la lutte contre le coronavirus sur le terrain des soignants.

#restezchezvous