L'objet mystère

L’objet-mystère du mois

En partenariat avec l'Écomusée du Val-de-Bièvre et le Panorama

Ces objets-mystère sont issus des collections l'Écomusée du Val-de-Bièvre ou hébergés le temps d’une exposition. Ils sont mis en avant sous forme de jeu dans le Panorama (page 29). A vous de trouver l'usage de l'objet ! 

Le nom du gagnant tiré au sort, indiqué sur le numéro suivant du Panorama en bas de page, se verra offrir l’une des publications à retirer à l’écomusée.

Solution du mois de octobre 2017

Ecomuse e coll Guide-chant anne es1950
Il  s’agit d’un guide-chant de marque Harmophon, fabriqué en Allemagne et issu des collections de l’écomusée. Souvent ressemblant à un gros harmonica, le guide-chant scolaire est un instrument à vent dans lequel il faut souffler beaucoup d'air. Le vent est alors produit par un soufflet que l'on actionne en pompant.
Ce guide-chant électrique, sorte de mini-piano avec sa valise de transport, était utilisé pour les leçons de solfège et de chant dans les écoles de la ville. Acheté par la municipalité, il a  servi  au  groupe  scolaire  Pasteur-Roux, mais sans doute aussi dans les autres  écoles  de  la commune. Il a été récupéré  par  hasard, avec d'autre matériel  audio-visuel, lors de rangements en vue de travaux à l'école, et ce grâce  à l'appel d'une femme de service qui a pensé à l'écomusée.  Dans les années 1950, transformer un village en ville signifie : tout construire avec peu de moyens  et  peu  de  professionnalisme  (l’Etat  est  encore  très  présent).  Pour  accueillir  de  jeunes  familles  avec  enfants,  il  faut  construire  de s  écoles  à  grand  rythme  et  les  doter  de matériel, notamment sportif ou culturel comme ce guide-chant.

Pour aller plus loin

Fresnes : une municipalité engagée
La municipalité est fortement imprégnée de la pensée véhiculée par le mouvement Vie Nouvelle qui met en avant les besoins en matière d’éducation populaire, et notamment la nécessité d’animation socio-culturelle dans les villes en développement.
Les dirigeants proches du maire André Villette (de 1965 à 1985)  sont  portés par un « humanisme chrétien ». Ils considèrent que chaque homme est unique et qu’il s’épanouit dans la relation aux autres.  C’est pourquoi la ville créera beaucoup d’équipements culturels, sportifs, éducatifs,...
L’équipe municipale anticipe les besoins, notamment  scolaires. Ainsi, de gros efforts sont faits (avec parfois près de 100% de subventions) pour qu’il y ait assez de places d’écoles pour les nouveaux arrivants.

« Début 59, il y avait deux étrangers dans la ville qui avaient été élus  parmi le conseil municipal, André Villette et Gabriel Bourdin. Ils étaient très conscients du changement de la ville, et voulaient la faire grandir harmonieusement. Ils ont eu tout de suite le souci de développer le côté culturel pour que les gens se rencontrent. » (Léonie S)

Solution du mois de septembre 2017

Pulve risateur2 coll.ecomusee
Il s’agit d’un pulvérisateur de jardin prêté par Maurice Chaillou pour l’exposition Habitants et bâtisseurs de banlieue - 1955-1975. Dans le Fresnes de 1955 existent trois lotissements avec leurs pavillons et leur jardin, souvent à usage de potager.

Pour aller plus loin

Fresnes : la campagne près de Paris (1955-1960)
A Fresnes, en 1955, à 10 km de Paris, il existe encore beaucoup de terrains agricoles ; ils sont très peu chers et disponibles à la construction. Le centre-ville ressemble plus à un village qu’à une ville, il le restera encore longtemps. Pourtant, dès 1955 et jusqu’aux années 75, la ville émerge, avec la construction de pavillons, petits et grands immeubles de 7, 8….10 étages : Le Clos la Garenne, La Peupleraie…

 « Je venais de la banlieue nord, Clichy, Gennevilliers, très dense ; en venant ici, c'est les espaces verts, les jardins des pavillons, on voit les saisons ici. C'est ce côté banlieue encore verte, aérée, qui m'a beaucoup plu. » (Pauline B)

Typologie des Fresnois en 1950
En 1950, Fresnes n’est déjà plus un village d’Ile-de-France : l’arrivée de la prison en 1898 amène une population de gardiens avec leur famille. Dès 1921, 11 lotissements de tailles diverses et le plus souvent sans lien avec l’ancien Fresnes se créent (dont Paris-Berny, la Madeleine…)
Ils se remplissent lentement (30 ans) de pavillons souvent modestes mais aussi de quelques cabanons « du dimanche », en bois. Les lots s’achetaient notamment dans des bureaux de tabac auprès de sociétés mutuelles d’épargne, mobilisant un public d’accédants plutôt populaire.
La population de 1950 n’est donc plus la même que celle du noyau rural, et le manque d’équipement dans tous les domaines la rend plutôt ouverte aux changements qui vont se produire.

Solution du mois de juillet-août 2017

Ecomusee coll.2000 chemisierpopart
L'objet-mystère du Panorama de juillet-août 2017 était un gros plan sur un chemisier pop-art, corsage noir et blanc en rayonne, réalisé à la MJC en 1968. Il a été donné à l’Écomusée par Jeanine Régnier et est actuellement présenté dans l’exposition Habitants et bâtisseurs
de banlieue – 1955-1975.

Pour aller plus loin

Ce chemisier est réalisé lors d’un cours de « coupe et couture - économie familiale » de la Caisse d'Allocations Familiales. Dans un tissu très marqué par l'époque, qui fait référence à l'art cinétique et à  un tableau de Vasarelli, ce corsage témoigne des premières activités de la MJC. La MJC de Fresnes, inaugurée en 1966, a rassemblé les Fresnois de tous âges. A l'image de son architecture, elle a été à l'avant-garde dans une période d'effervescence culturell.

Une maison pour tous les Fresnois
La MJC de Fresnes, inaugurée en 1966 a rassemblé les Fresnois de tous les âges. A l'image de son architecture, elle a été à l'avant-garde dans une période d'effervescence culturelle.  Les MJC, issues du Mouvement Léo Lagrange, sont nées dans l'après-guerre à l'initiative de la Fédération Française des Maisons des Jeunes et de la Culture qui souhaitaient couvrir de Maisons des Jeunes, urbaines et rurales, tout le territoire français. Elles se sont inscrites dès leur origine dans un projet démocratique d'éducation populaire permanente, basées sur le principe de la co-gestion. La MJC de Fresnes est née de la volonté de quelques Fresnois, bénévoles, soucieux d'organiser une vie culturelle sur la ville. Dès le début des années 1960, ceux-ci oeuvraient à la vie culturelle : création et développement d'une bibliothèque, animation de Connaissance du Monde et du Cinéma Le Familial, action théâtrale avec les Tréteaux de France, club photo. L'Association, créée dès mai 1964, a profité d'un concours lancé par la Fédération des MJC, pour faire aboutir la réalisation d'une grande maison hexagonale, d'architecture novatrice, inaugurée en décembre 1966, et très vite fréquentée par près de mille adhérents, des Fresnois très investis dans LEUR maison. Dès ses débuts, celle-ci était un lieu phare de la banlieue sud, à la pointe des mouvements musicaux et de la pensée du moment. 

Naissance de la vie culturelle à Fresnes
« La MJC a été une des premières attractions de la ville pour les jeunes couples comme le mien, ceux qui arrivaient, en 1960. Quand nous sommes arrivés à Fresnes, mon mari et moi, en 1959, au Clos la Garenne, il y avait peu de pôles d'attractions. La MJC a été un des premiers projets réalisés, en 1966, pour apporter un peu de vie. Nous nous sommes beaucoup investis pour sa mise en route. A la MJC, la Caisse d'Allocations familiales donnait des cours de couture, ça s'appelait coupe et économie familiale, et ça m'intéressait beaucoup. J'y allais régulièrement et un jour j'ai trouvé ce tissu en rayonne qui faisait penser à l'art cinétique, à Vasarely. Pour moi c'était une culture nouvelle. J'ai voulu faire un chemisier avec, je l'ai réalisé durant l'hiver 1967-1968. Je le portais souvent et j'avais un certain succès avec cet imprimé ! Plus tard, je l'ai ressorti et mes petites filles se sont déguisées avec. Je l'ai conservé parce que c'est une des premières choses que j'ai réalisé à la MJC. A l'écomusée il pourra témoigner de ces premières activités. » Jeanine Régnier

Solution du mois de juin 2017

Graveur Stencils
L’objet-mystère du mois de juin est une machine à graver des stencils Electro rex, Type 35-3 n°7060. Cette machine, en quelque sorte l’ancêtre de la photocopieuse, a été proposée en don à l'écomusée par M. Benoît, ancien secrétaire de l'Association  des résidents du Clos la garenne à Fresnes. Elle était sans   doute utilisée pour l'édition de documents ou l’impression des bulletins  de l'association. C’est un objet rare que l’on ne retrouve pas dans les musées techniques nationaux.

Pour aller plus loin

Les nouveaux Fresnois arrivés dans les années 1960 investissant un territoire vierge, sinon en construction, se trouvent confrontés à de  nombreuses réalisations à mettre en place et des besoins à satisfaire.
Cette population jeune que la croissance des Trente Glorieuses puis l’esprit de 68 stimulent, va retrousser ses manches pour initier de nombreux projets : depuis la préfiguration d’AMAP, jusqu’à une école  d’art, en passant par des aides destinées aux femmes ou aux plus âgés, ou des clubs sportifs. Ils vont aussi s’engager dans des actions de soutien, de défense, de revendication. L’entraide  est  une  réponse à des  besoins : construction en commun de logements Castors, partage d’outils et  de services, prise en charge des enfants. On se donne des « coups de main » et « le » téléphone du voisin permet d’être joint. L’entraide est  favorisée par une certaine homogénéité sociale et le besoin de relations pour toutes les personnes déracinées. Le contexte de construction d’un monde nouveau valorise engagement et solidarité. De là naissent des démarches coopératives et militantes : achat commun de matériel, engagements politiques, création d’associations (parents d’élèves...), de groupes de réflexion (Vie Nouvelle, Union Féminine Civique et Sociale...), ou implication dans l’action municipale.
L’activité associative intense fédère beaucoup de personnes qu’il faut solliciter et informer par écrit. Ce graveur de stencils était utilisé par  l'Association des résidents du Clos la garenne à Fresnes pour l'édition de circulaires et documents et sans doute l'impression des premiers bulletin de l'association.

Solution du mois de mai 2017

chauffage1Photo et jeu publiés dans le Panorama n°157.

L’objet-mystère du mois de mai 2017 était à découvrir au sein de l'exposition Habitants et bâtisseurs de banlieue – 1955-1975 qui a ouvert ses portes à l’écomusée le 24 mars dernier 2017.

Il s’agit d’un objet du quotidien qui témoigne d’une époque où le manque de  confort des logements était coutumier.
Ce radiateur électrique, chauffage d’appoint, a été prêté par Vincent de Baecque, président des Amis de l’écomusée, pour les besoins de l’exposition. Au sortir de la Seconde guerre mondiale et jusque dans les années 1950, le chauffage central, souvent absent des logements est vaguement compensé par un chauffage d’appoint. Par mesure d’économie il fonctionne peu. 

Pour aller plus loin

L’arrivée des Fresnois - une vie difficile

Les pénuries provoquées par la guerre rendent la vie difficile, notamment en matière de consommation et de logement. La situation commence à réellement s’améliorer à partir de 1949. Les Français regardent vers l’avenir. 
En s’industrialisant l’agriculture supprime des emplois. Beaucoup de paysans sont contraints à « monter » à Paris pour chercher du travail. La décolonisation, principalement de l’Algérie, crée aussi un afflux de « migrants ». Une grande partie de la population vit « entassée » dans des meublés souvent insalubres et exigus, chez des parents. Les logements souvent sans confort deviennent vite trop petits quand la famille s’agrandit.