La Bièvre

Bords Bievre Fresnes

Saviez-vous que la Bièvre, petite rivière qui coule à Fresnes et alentours, connut une histoire mouvementée, industrialisée mais passionnante ?

Ce nom ne vous est pas inconnu car il apparaît dans de nombreuses appellations de résidences, de parcs fresnois mais également dans celui d'un établissement public de coopération : la Communauté d'Agglomération du Val-de-Bièvre (CAVB). L'histoire de Fresnes et de ses villes voisines est intimement liée à ce cours d'eau.

Mais avant tout, ce nom désigne cette petite rivière qui s'écoule sur une quarantaine de kilomètres depuis Guyancourt jusqu'à Paris, pour se jeter dans la Seine. Le mot "Bièvre", du latin et du celte biber, semble évoquer d'hypothétiques castors s'installant sur ses rives en des temps reculés ou alors la couleur brune et peu avenante de ses eaux. Ce charmant petit cours d'eau reste jusqu'au XIXe siècle une rivière paisible où l'on se baigne parfois, où l'on pêche les écrevisses et que l'on canalise souvent pour agrémenter les jardins des grandes propriétés privées. A Fresnes, on consomme également avec frénésie ces succulentes grenouilles de la Bièvre qui deviennent une spécialité culinaire locale et la mascotte d'une fête de printemps.
Comme une rivière attire toujours de nombreuses activités humaines, la Bièvre n'y échappe pas et des bouchers s'y installent ainsi que quelques blanchisseries. Les premiers, en nombre importants, déversent dans la petite rivière "panses et tripes" pour sauvegarder le fleuve noble de la capitale.
Mais au début de la seconde moitié du XIXe siècle et alors que Paris s'agrandit, les industries sont repoussées en banlieue. La Bièvre connaît alors un âge d'or. Les bouchers laissent la place aux blanchisseries qui se multiplient comme des petits pains. Elles traitent le linge de la capitale et leurs cuves et séchoirs emplissent les berges de la Bièvre. La petite rivière devient grande, apparaît dans les écrits d'Emile Zola et Victor Hugo lui dédie un poème sobrement intitulé Bièvre. Pour preuve de cette période faste, Cachan comptera jusqu'à 120 blanchisseries au cours de la première moitié du XXe siècle.

Cependant, toute cette ferveur industrielle et toutes ces blanchisseries contribueront à la disparition de la Bièvre comme rivière à part entière et élément majeur de la région. En effet, les blanchisseries, au plus fort de leur activité, déverseront dans le cours d'eau des produits néfastes et des eaux usées la rendant nauséabonde et boueuse. C'est ainsi que pour des raisons de salubrité publique, la Bièvre fut en majeure partie recouverte dans les années 1950.
Aujourd'hui, alors que l'eau a coulé sous les ponts, les villes riveraines de la Bièvre mettent au point de nombreux projets de réouverture. Ainsi, en 2003, Fresnes procède à des travaux avenue de la Liberté et créé le parc des Prés de la Bièvre dans lequel la petite rivière retrouve sa liberté d'antant. La Bièvre retrouvera peut-être un jour l'air francilien sur la totalité de son parcours.

Etienne BOIN

Photo - La Bièvre à Fresnes. Collection photographique de l'Ecomusée du Val-de-Bièvre.

Pour aller plus loin

• Une histoire de la Bièvre, article de Julie de La Patellière, Janvier 2009
www.evene.fr/lieux/actualite/une-histoire-de-la-bievre-1742.php

• Les blanchisseries de Cachan
www.breillot.com/article-les-blanchisseries-de-cachan-50980368.html

• L'histoire de la Bièvre à Arcueil
http://www.arcueilhistoire.fr/sites-anciens/la-bi%C3%A8vre

• Bièvre, poème de Victor Hugo
poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/victor-hugo/bievre.html