La Tuilerie

la briquetterie

Saviez-vous que depuis le XVIIe siècle et jusqu'en 1937, on fabriquait des tuiles et des briques à deux pas du centre-ville ?

Les sous-sols de la ville contiennent de grandes quantités de terre glaise, utilisée comme matière première dans la fabrication des tuiles et des briques.
Ainsi, une tuilerie aurait existé à Fresnes dès le XVIIe siècle, à l'angle de la grande route menant à Châtenay et d'un sentier qui prendra le nom de la tuilerie, à l'emplacement de l'actuelle résidence et du centre commercial.
L'installation comprend les logements du fabricant, mais également les halles, aires de séchage, fourneaux à cuire et les aires d'extraction de la glaise. Cet ensemble tenait sur une parcelle d'un peu plus d'un hectare. La présence de fer dans la glaise utilisée conférait une teinte rouge aux tuiles lors de la cuisson.

Cette tuilerie cesse son activité au début du XVIIIe siècle, le dernier bail étant signé en 1737.
Près d'un siècle plus tard, M. Jacques Denis, alors maire de Fresnes, implante une tuilerie tout près de la précédente et ajoute la fabrication de briques à son domaine d'activité. La production démarre en 1855. Deux ans plus tard, M. Denis met fin à son mandat électoral pour se consacrer pleinement à son activité industrielle. Petit à petit, l'ensemble, appelé "La Fabrique", s'agrandit et la production devient mécanique. Jusqu'à 4 000 tuiles seront fabriquées quotidiennement au plus fort de l'activité.

Pour fournir toute la matière première nécessaire, trois carrières de glaise seront exploitées à Fresnes. La première, située entre les actuelles rue Emile Zola et celle des Frères Lumière, la seconde vers les Gémeaux et le boulodrome et enfin la dernière vers le tertre de Montjean (sortie sud-ouest du parc André Villette).
De ces carrières partait chaque jour un chargement de glaise destiné à la faïencerie Boulenger à Choisy-le-Roi. Celle-ci obtiendra par la suite la commande du revêtement des stations du métro parisien en carreaux de grès, si connu aujourd'hui.
Lors de la guerre franco-prussienne de 1870, la tuilerie connaîtra quelques dégâts. M. Denis demandera 66 922 francs de l'époque au titre de l'indemnisation des dommages de guerre.

En 1876, Jacques Denis cède son affaire à son fils. La tuilerie changera plusieurs fois de propriétaire par la suite. La famille Douard et Garcin en est propriétaire lorsqu'un incendie détruit l'ensemble industriel en 1937.
A partir de cette époque, la tuilerie et la briqueterie resteront à l'abandon. Les bâtiments et les trois cheminées, bien connues des fresnois, menaçants de tomber en ruines, elles seront détruites pour laisser place à une résidence et un centre commercial. Seul le nom de la Tuilerie est restée.

Etienne BOIN
Merci à l'Ecomusée et à son équipe pour leur disponibilité et leurs archives

Pour en savoir plus


• Fresnes, vingtième siècle, de Jean Duval, 1975.

Fresnes à travers les âges, de M. Chaussadas, P.M Lamotte, D. Renouvin, J-F Robillard et J. Malleville, 3e trimestre 1980.

• Archives de l'Ecomusée du Val-de-Bièvre