Le château de Berny

Le Château de Berny

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Saviez-vous que les vestiges du prestigieux château de Berny se cachent au numéro 30 de la rue Jules Guesde ?

Le domaine de Berny apparaît pour la première fois dans les écrits en 1422, puis ensuite en 1520. Les Brûlart, une famille de parlementaires, en sont alors les propriétaires et le château subit quelques modifications mineures. En 1623, Pierre Brûlart de Sillery, deuxième du nom, hérite du bien et entreprend de grands travaux qu'il confie au jeune François Mansart, le futur et célèbre architecte. Celui-ci modifie les ouvertures, crée un pavillon central ainsi qu'un pavillon pour l'escalier.
Le château et les terres deviennent ensuite la propriété de Pomponne de Bellièvre, deuxième du nom, président du Parlement de Paris et ambassadeur du Roi. Il y recevra les conjurés de la Fronde, mouvement d'opposition à la monarchie absolue du jeune Louis XIV.

En 1653, Hugues de Lionne, diplomate et ministre d'Etat, devient le propriétaire du château. Il y donne des fêtes somptueuses. Les jardins et leurs arbres fruitiers sont réputés dans toute la région. A sa mort, son fils hérite du domaine qui est alors en plein âge d'or. En effet, le 12 août 1675, celui-ci vend 70 orangers de son parc à Louis XIV pour 4 500 livres. Dix ans plus tard, en 1685, les ambassadeurs du Siam logent au château quelques jours avant leur visite officielle à Paris. Mais il semble que le domaine souffrit de leur passage. Le château est mis en vente la même année.

L'Abbaye de Saint-Germaine-des-Près achète alors le château de Berny et ses terres pour en faire une résidence de campagne pour ses abbés. Le domaine accueille alors le cardinal de Furstenberg qui y mena une vie de... libertinage. Il fit néanmoins décorer somptueusement les bâtiments et le parc en y ajoutant des jeux et miroirs d'eau ainsi qu'un théâtre de fleurs. Parmi ces nouveaux divertissements, une escarpolette, ancêtre de la balançoire, y fut installée.
En 1737, Berny reçoit un nouveau résidant, Louis de Bourbon-Condé, ecclésiastique propriétaire de l'Abbaye de Saint-Germain mais également militaire puis plus tard académicien et haut responsable franc-maçon. Il y vit avec sa première maîtresse, Marie-Anne de Camargo puis sa seconde, Marie-Elisabeth Leduc, danseuse à l'Opéra. Louis la logera ensuite au château de Tourvoie et venait lui rendre hommage régulièrement. Une galerie souterraine reliait les deux propriétés.

Le successeur de Louis de Bourdon-Condé à la tête de l'Abbaye de Saint-Germain-des-Près se préoccupe peu du château de Berny et celui-ci sera vendu comme bien ecclésiastique à la Révolution. Les bâtiments seront détruits petit à petit dès 1808 mais le parc et les jardins subsistent et deviennent les haras de Berny. Des courses de steeple chase y sont organisées et seront très populaires de 1834 à 1893. L'hippodrome ferme la même année et les écuries seront transformées en complexe sportif, l'US Métro, en 1928. 
Aujourd'hui, il ne subsiste qu'une partie de l'aile droite du château qui sert de façade à un immeuble d'habitation. Mais avant cela, il fut une fabrique de meuble au XIXe siècle. Les vestiges ont été inscrits aux monuments historiques le 10 avril 1929.

Image - Le château de Berny, collection iconographique de l'Ecomusée du Val-de-Bièvre.

Etienne BOIN, en partenariat avec l'Ecomusée.

Pour aller plus loin

• Centre de documentation de l'Ecomusée

• Petit descriptif et photos sur www.petit-patrimoine.com

• Article paru dans l'Express du 18 décembre 2008

• Fiche biographique de Louis de Bourbon-Condé (1709-1771) sur le site de l'Académie Française.

Romances à Berny, article paru dans le Panorama d'avril 2016