Libération de Fresnes

Char La Marne

A l'occasion du 73e anniversaire de la Libération de Fresnes, retour sur les heures dramatiques du combat de la prison de Fresnes

La 2e division blindée du général Leclerc débarque à Utah Beach, le 1er août 1944. Rattachée à la 3e armée américaine du général Patton, elle est immédiatement mise à contribution et commence les combats dans le sud du Cotentin, puis vers Le Mans et Alençon qu'elle libère le 12. Quelques jours plus tard, la division participe à la clôture de la poche de Falaise aux alentours du 21 août, combats qui sonnent la fin de la bataille de Normandie.
Stationné à Argentan avec ses hommes, Leclerc souhaite partir rapidement pour libérer Paris où une insurrection populaire des Forces Françaises de l'Intérieur (FFI) de Rol-Tanguy et Jacques Chaban-Delmas gronde depuis le 20 août. Cependant l'état-major américain d'Eisenhower ne prévoit pas de libérer la capitale car les combats de rue pourraient ralentir leur course vers Berlin. Finalement, le général De Gaulle parvient à les convaincre que Paris doit être libéré par des Français et qu'il faut venir en aide à l'insurrection.

Le 22 août 1944, le général Leclerc reçoit enfin l’ordre de foncer vers Paris. Il décide de contourner la capitale par le sud pour éviter de se confronter aux défenses allemandes installées à l’ouest. Le groupement tactique du colonel Billotte passe par Longjumeau puis Antony en suivant la nationale 20. Arrivés à la Croix-de-Berny le 24 en soirée, ils sont pris sous le feu des canons installés au carrefour et à la prison de Fresnes. Il leur est impossible de passer sous les tirs ennemis.

Plusieurs groupes sont alors chargés de prendre des itinéraires différents pour faire taire l’artillerie allemande.
Le premier groupe parvient à anéantir le canon et son dépôt de munitions installés sur le carrefour en passant par la rue Velpeau.
Le second, constitué de trois chars, monte à la mairie de Fresnes pour emprunter ensuite l’avenue de la République. Devant l’édifice municipal éclatent quelques combats rapides qui font plusieurs blessés. Ceux-ci seront soignés dans la grande salle de la mairie servant alors de poste de secours temporaire. En descendant l’avenue, vers 19h, les chars sont ralentis car l’un d’entre eux, La Marne, est détruit par un obus.
Le char Notre-Dame-de-Lorette de la section Christen passe par l’avenue de Choisy (actuelle avenue de la Division Leclerc) et par un tir bien placé détruit le canon qui défendait l’entrée de la prison mais emporté par son élan, il tombe dans la Bièvre.

A 20h, les défenses allemandes de la prison de Fresnes sont enfin réduites au silence et les prisonniers politiques libérés. En effet, dès 1940, l’occupant prenait possession puis administrait l’établissement pénitentiaire où de nombreux résistants seront détenus dont Germaine Tillon, Louis Armand, Marc Sangnier, Bertie Albrecht.

Fresnes est maintenant libérée mais il est tard, la division Leclerc stoppe ses effectifs. Le général Leclerc ordonne au capitaine Dronne de prendre quelques unités et de rentrer dans Paris pour montrer aux habitants que la Libération est proche. Tandis que Dronne atteint l’Hôtel de Ville de Paris à 21h22, Fresnes enterre les soldats de la 2e DB morts pour les libérer.

BAHLOULI Habib, DOUX Gaston, DUPONT Emmanuel, FASSY Amar, GASCOGNE Augustin, LAMOTTE Roger, DE LA ROCHE Geoffrey, BRACHET Robert, DUBOULOZ Raymond, DUTILLOY Jean, FRASSON-GORET Alphonse, KIEN Louis, LANDRIEUX Georges, LEGENT Paul, LEVAILLANT Jean, MESMIN Daniel, MOLINA José, DJERMOUNI Ali, VILLEFROY DE SILLY Georges, THORELLE Roger et MANHES Roger.

Etienne BOIN
Merci à Gilles Primout

Photo - Le char La Marne après sa destruction dans l'avenue de la République.

Pour en savoir plus


• La libération de Paris, site Internet de Gilles Primout

• 1944 Débarquements, résistances, libérations, Le Monde hors-série, Juin 2014

• Mémoire en images : Fresnes, par les Amis de l’Ecomusée de Fresnes. Ed. Alan Sutton, 2004, 128 pages, 19,90€. Photo d’Albert Roper en page 28.

• Archives municipales et de l’Ecomusée du Val-de-Bièvre

• Paris brûle-t-il ?, de Dominique Lapierre et Larry Collins. Editions Pocket, 2001, 669 pages, 8,40€

• Paris brûle-t-il ? de René Clément, France-USA, 1966. Avec Jean-Paul Belmondo, Bruno Crémer, Claude Rich, Kirk Douglas, Orson Welles… (tourné en partie à Fresnes, voir l’article Paris brûle-t-il ?)

Libérée..., article paru dans la Panorama n°147 de juin 2016