Paris-Match

residence tourvoie

Saviez-vous que la résidence de Tourvoie fit les gros titres de Paris-Match en 1953 ?

Dans la semaine du 28 février au 7 mars 1953, le célèbre hebdomadaire français fait sa une sur la nouvelle mode de Paris et... "la nouvelle maison Paris-Match toute équipée pour 540 000 Fr". Celle-ci est en réalité un projet de maison moderne, ergonome et "idéale" piloté par l'hebdomadaire et le Commissariat général aux Arts Ménagers sur les conseils de Claudius Petit, alors ministre de la Reconstruction.

Présentée au salon des Arts Ménagers de 1953, cette maison est conçue pour loger avec tout le confort moderne de l'époque un ménage avec deux enfants et des ressources modestes. D'une surface de 56 mètres carrés, elle est constituée de trois pièces de plain pied. Les cloisons sont en béton et le sol recouvert de linoléum, le chauffage est assuré par une chaudière soufflant l'air chaud par le plafond. Tout a été pensé pour gagner de la place et de nombreux placards cachent les appareils électroménagers, les balais, les ustensiles de cuisine. L'article de Paris-Match précise que "les dimensions de la cuisine et les emplacements de ses équipements ont été étudiés scientifiquement pour réduire au minimum la fatigue de la ménagère".

Dans un contexte de crise du logement pour de nombreux jeunes ménages français, cette maison apparaît comme une superbe alternative. Au 1er mars 1953, le prix initial est fixé à 1 497 000 Fr pour la maison et l'équipement de base. Un supplément de 300 470 Fr est demandé pour obtenir l'équipement total. Bien évidemment des facilités de paiement et des crédits sont prévues pour soulager les jeunes ménages.
Dans le courant de l'année 1953, le projet devient plus concret et l'Union départementale de la Seine des Associations Familiales dirige la construction de 112 de ces logements idéaux en banlieue sud. Le terrain choisi est à Fresnes, car proche de Paris, au calme dans une ville qui débute seulement son développement démographique. De nombreux champs fresnois sont encore exploités et Fresnes est alors la campagne parfaite à 10 km de Paris.
Les transports sont proches ainsi que les institutions mais l'emplacement retenu offre la particularité de dégager la vue de toutes les futures habitations, de permettre un ensoleillement maximum et d'éviter les vis-à-vis gênants.

C'est ainsi qu'est née la Résidence de Tourvoie qui est encore aujourd'hui très réputée dans les alentours. André Villette, ancien maire, se souvient dans son livre J'étais maire de Fresnes qu'une "centaine de jeunes ménages étaient ainsi rassemblés. Ils provenaient de tous les horizons professionnels et géographiques. Un jeune biologiste côtoyait son voisin peintre au pistolet chez Renault".

Etienne BOIN

Photo - Carte postale de la Résidence de Tourvoie. Collection iconographique de l'Ecomusée du Val-de-Bièvre.

Pour aller plus loin


• J'étais maire de Fresnes de André Villette, éditions Ouvrières, 1991, 95 pages, 10€.

• Paris-Match n°207, semaine du 28 février au 7 mars 1953

Un lieu clef dans la construction de la ville, article du Panorama fresnois n°85 paru en janvier 1998.