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Lors de notre première rencontre avec Stéphanie, le 21 septembre à Fresnes, ses freinages à vélo manquaient encore un peu d’assurance. Ce qui est tout à fait normal quand on n’a pas enfourché de vélo depuis deux ans ! Quinze jours plus tard, la pratique est visiblement devenue une seconde nature : « Désormais, mes arrêts sont fluides, je sors la béquille très facilement et je retire mon casque avec aisance », confie-t-elle avec le recul.
Mais que s’est-il passé pendant ces deux semaines ? Du 20 septembre au 5 octobre, Stéphanie a relevé le défi proposé par le territoire Grand-Orly Seine Bièvre (GOSB) : « 15 jours sans ma voiture », pour tester des modes de déplacement plus vertueux au quotidien. Pour cette conductrice de toujours, c’est un vrai défi : Stéphanie utilise en effet sa voiture pour l’ensemble de ses déplacements personnels et professionnels. Conseillère à France Travail, elle effectue chaque semaine trois allers-retours jusqu’à son agence de Cachan et deux allers-retours jusqu’à Fresnes, son second lieu de travail. Des trajets en voiture indissociables d’une série de galères : bouchons, stationnement, coût de l’essence… Mais ça, c’était avant.
Tout a commencé à la fin du mois d’août par un déclic inattendu : « J’ai aperçu un panneau d’affichage au Kremlin-Bicêtre qui mettait en avant le défi “15 jours sans ma voiture”. Ma voiture est ancienne, le prix du carburant explose, je voulais faire davantage d’activité physique au quotidien et je pensais à acheter un vélo électrique. Quand j’ai vu le défi, je me suis inscrite ! », explique Stéphanie.
Sélectionnée par le territoire, elle est conviée le dimanche 20 septembre à la Maison de l’Environnement d’Arcueil pour le grand départ. Sur place, rien n’est laissé au hasard : le GOSB a déployé un accompagnement sur mesure particulièrement complet. « Ils nous ont très bien expliqué tout le dispositif en amont », souligne Stéphanie. En plus du contrat de prêt pour un vélo à assistance électrique (VAE) et des accessoires fournis par la société Cyclez, les participants bénéficient d’une étude détaillée de leurs trajets habituels (à vélo comme en transports en commun) et de l’accompagnement sur le terrain assuré par l’association Pro Vélo Sud Île-de-France.
Les éducateurs de cette vélo-école dispensent ainsi deux heures de formation intensive en contexte urbain. « On nous a appris à démarrer debout sans être assise sur la selle, à bien utiliser les pistes et bandes cyclables, à indiquer nos changements de direction et à négocier les grands ronds-points comme celui de la Vache Noire », se souvient-elle.
Équipée d’une sacoche de prêt contenant un kit de réparation, d’un casque et d’une veste haute visibilité, et guidée par l’application Geovelo, Stéphanie s’élance seule dès le lendemain : « Pour mon tout premier trajet entre Arcueil et Fresnes, j’ai mis 27 minutes au lieu des 22 estimées par le GPS. J’étais très prudente au milieu du trafic, mais le fait d’avoir des pistes cyclables sécurisées sur 90 % de mon parcours m’a immédiatement rassurée. »
Au fil des jours, l’apprentissage du « vélotaf » installe de nouveaux automatismes. Chaque matin, Stéphanie applique la liste de vérifications apprise : fonctionnement des freins, contrôle de la pression des pneus, alignement du guidon et ajustement de la hauteur de selle. Le sac à dos contenant l’ordinateur portable glisse dans le panier avant, tandis que la sacoche latérale accueille les affaires de pluie.
Mais changer de mode de vie implique aussi d’apprivoiser quelques contraintes logistiques très concrètes : « Ce qui est vraiment le plus lourd au quotidien, c’est ce que j’appelle l’irritant du matériel ! Quand on s’arrête, il faut retirer la batterie amovible avec sa clé pour éviter le vol, prendre le cadenas, la veste, le casque, la sacoche et le sac à dos. Je me retrouve chargée comme une mule ! Et chez moi, pour faire encore plus d’exercice, je refuse de prendre l’ascenseur et je monte tout au deuxième étage à pied », s’amuse-t-elle.
Stéphanie évoque aussi la cohabitation sur les pistes et la jungle des mobilités douces : « On parle souvent des automobilistes, mais certains cyclistes “chevronnés” sont parfois dangereux. Même s’il y a des panneaux d’autorisation de franchissement (M12), certains font des queues de poisson ou vous frôlent à toute vitesse parce qu’ils connaissent le terrain. Il faut rester hypervigilante », rappelle-t-elle.
L’aventure a aussi réservé à Stéphanie de beaux moments d’improvisation. Lors d’une réunion professionnelle exceptionnelle à Paris 13, elle tente l’expérience sur deux roues pour effectuer le trajet entre Arcueil et Paris (soit 18 km aller-retour) : « J’ai dû faire quelques demi-tours amusants parce que je lisais mal mon GPS en roulant, mais j’avais prévu de la marge. Cela m’a bien fait rire et m’a prouvé que j’en étais capable ! »
Loin de tout dogmatisme ou de la recherche de performance absolue, la force de ce défi réside dans la flexibilité. Lorsque la météo s’est dégradée ou que les contraintes de temps devenaient trop fortes — comme pour un rendez-vous professionnel à Ivry-sur-Seine ou une sortie place de la Concorde –, Stéphanie a su basculer intelligemment sur le réseau de transports en commun.
Mais dès que possible, la bicyclette a repris le dessus. L’objectif de Stéphanie est désormais clair : utiliser son vélo le plus souvent possible au quotidien, que ce soit pour se rendre au travail, faire ses courses, aller au cinéma ou rendre visite à sa famille. « Un jour, lors d’un trajet entre Fontenay-aux-Roses et Aquaboulevard en voiture avec une amie, je me suis surprise à me dire : “Le vélo me manque ! J’aurais préféré faire ce trajet à mon rythme sur ma selle.” On redécouvre une liberté totale : plus de bouchons, plus de recherche de place de stationnement et le plaisir simple d’observer la ville qui vit. »
Pendant 15 jours, Stéphanie a laissé sa voiture au garage. Et au moment de faire le bilan, la transformation est totale : « Avant, je faisais un peu ma fainéante en prenant ma voiture pour des trajets de 15 minutes à pied. Aujourd’hui, le défi est réussi et convaincant : je ne peux plus me passer de mon vélo ! », lance-t-elle avec un enthousiasme contagieux.
À l’issue du défi, le lundi 5 octobre, la question du retour du matériel a été très vite tranchée. Convaincue par l’expérience, Stéphanie a décidé d’activer l’option d’achat prévue au contrat de prêt. « J’ai préféré garder mon vélo ! », s’exclame-t-elle, visiblement heureuse. Grâce à une opportunité financière combinant une remise du fabricant négociée par Cyclez, une aide de 400 € de la Région Île-de-France et le déclenchement du forfait mobilités durables (FMD) auprès de son employeur, elle est devenue propriétaire de sa monture.
Désormais parée pour l’automne, avec un poncho de pluie bien rangé dans sa sacoche et prête à affronter les jours de pluie, Stéphanie conclut en tirant le bilan de cette expérience inspirante : « Je me disais souvent que si un jour je n’avais plus de voiture, je n’en rachèterais pas. Eh bien voilà, j’y suis ! Ma voiture à essence reste au garage et ne servira plus qu’en cas de besoin exceptionnel. Le reste du temps, je suis désormais une cycliste au quotidien. » Un exemple concret qui montre aux Fresnois et aux actifs de la commune qu’il suffit parfois de deux semaines pour adopter de meilleures habitudes.